
En fin de journée de chirurgie, l’attention se tourne naturellement vers le nettoyage des instruments et la préparation de la salle pour le lendemain. Un élément passe pourtant souvent sous le radar : l’humidité accumulée à l’intérieur de la machine d’anesthésie elle-même. Ce détail, qui semble mineur, peut pourtant avoir des conséquences importantes sur la durée de vie de votre équipement et, ultimement, sur la sécurité de vos patients.
D’où vient cette humidité
Chaque respiration d’un patient sous anesthésie contient de la vapeur d’eau. À chaque procédure, cette humidité se dépose dans le circuit respiratoire, dans l’absorbeur de CO2 et autour des clapets d’inspiration et d’expiration. Laissée sans ventilation adéquate, jour après jour, elle ne s’évapore jamais complètement. Elle s’accumule plutôt dans les recoins de l’appareil.
Avec le temps, cette humidité stagnante entraîne plusieurs problèmes concrets. Les disques des clapets commencent à coller, ce qui nuit à leur bon fonctionnement. L’humidité agit aussi comme un aimant à poussière et à poils d’animaux, qui viennent s’y coller et finissent par obstruer les composantes internes de l’appareil. Des traces de moisissure peuvent également apparaître dans les circuits internes de l’absorbeur. Chacun de ces effets compromet non seulement la fiabilité de la machine, mais aussi la qualité de l’anesthésie administrée à vos patients.
La chaux sodée elle-même n’est pas épargnée. Ses granules sont conçus pour fonctionner avec un certain taux d’humidité, mais lorsque celui-ci devient excessif parce que le contenant reste fermé toute la nuit dans un environnement saturé, les granules ont tendance à s’agglomérer entre elles. La chaux s’épuise alors plus rapidement qu’elle ne le devrait, ce qui augmente la fréquence de remplacement et le risque qu’une capacité d’absorption insuffisante passe inaperçue avant une procédure.
Une procédure simple, quelques minutes par jour
La bonne nouvelle, c’est que ce problème se prévient facilement. Chez Dispomed, nous recommandons d’intégrer une courte routine de séchage à la fin de chaque journée de chirurgie.
Voici les étapes à suivre :
- S’assurer que la valve d’évacuation des gaz est ouverte.
- Retirer le ballon respiratoire, les circuits patients ainsi que le tube d’évacuation des gaz à l’arrière de l’appareil.
- Ouvrir l’absorbeur et retirer le contenant de chaux sodée afin de permettre à l’humidité qu’il contient de s’échapper.
- Essuyer le fond de la base de l’absorbeur pour éliminer toute trace d’eau ou d’humidité résiduelle.
- Retirer les deux dômes, les essuyer avec un linge sec, puis les déposer sur une surface plate, ouverture vers le haut, afin de favoriser une bonne circulation d’air.
- Retirer les clapets d’inspiration et d’expiration pour laisser l’ensemble des circuits internes de l’absorbeur ouverts et permettre à l’humidité de s’évacuer complètement.
- Laisser l’appareil ainsi pendant toute la nuit.
- Le lendemain matin, remonter l’appareil et effectuer un test d’étanchéité avant la première utilisation de la journée.
Une habitude qui fait une réelle différence
Plusieurs centres de référence appliquent déjà ce même principe de séchage quotidien, avec de bons résultats. Répétée chaque jour, cette routine de quelques minutes réduit considérablement les risques de disques qui collent, de blocages involontaires et de bris évitables, tout en prolongeant la durée de vie de votre équipement et en limitant les interventions de service.
Une machine bien asséchée, c’est un appareil plus fiable, une chirurgie plus sereine et une équipe technique moins sollicitée pour des réparations qui auraient pu être évitées.


